La pétition en ligne diffusée fin 2019 pour empêcher la démolition de la moitié des bâtiments de la Manufacture Royale de Cire à Antony a alerté et mobilisé.

L’architecte des Bâtiments de France et Mr Stéphane Bern sont venus sur place début décembre 2020 pour demander aux Soeurs de la congrégation de Cluny de protéger ces bâtiments en attendant de pouvoir les restaurer.

Ci-dessous, une idée ASPEA pour un Éco-Musée qui prendrait toute sa place  dans notre ville et serait une attraction culturelle dans les Hauts de Seine !

 

 

PROPOSITION DE PROJET CULTUREL ET TOURISTIQUE À ANTONY, novembre 2020

 

Photo extraite du très beau livre ci-dessous de Mr Stéphane Castelluccio :

 PROJET  DE : « Réhabilitation de la Manufacture Royale de Cires pour  un Eco-Musée de la Manufacture de cires et de la lumière »

Vue aérienne de la ManufactureCONTEXTE :

1- CONTEXTE : 

COURRIER ASPEA 19 JANVIER 2019

Le 7 décembre 2018 avait lieu une réunion en mairie avec l’ASPEA, l’A.M.P.A et le Président de la société immobilière Pierre Etoile ; la destruction  d’une grande partie des bâtiments de la Manufacture Royale de Cires d’Antony, un des rares vestiges du patrimoine préindustrielle du XVIIIème siècle, nous avait été clairement exposée. ( annexe 1)

En raison de ce péril imminent, l’ASPEA et l’AMPA (Atelier-Musée du Pays d’Antony), se sont mobilisées pour essayer d’empêcher la destruction de ce lieu emblématique de la ville, de l’histoire d’Ile-de-France et de notre pays.

         

 

Plan topographique de la Manufacture de Cires en 1753 dessiné par Bernard Borde arpenteur du Roy en la maitrise des eaux et forêts et « dédié à Monsieur le révérant père Laneau, religieux et général de l’ordre de Messieurs les RRPP Bénédictins de l’Abbaye Royale de Saint Germain des prez, seigneurs dudit lieu ».

(archives nationale et p233 livre de S. Castelluccio).

En juin 2017, la Manufacture a été mise à l’honneur dans une conférence dans le cadre du cycle « Retour aux sources« ,  réalisé aux Archives nationales et  sur le thème « Objets et techniques aux XVIIe et XVIIIe siècle« . ( Annexe 3)

Cette Manufacture permettait de fabriquer des  bougies et des cierges de cire blanche, matière noble. Il y avait la fabrique avec sa fonderie…

        

Mais aussi une orangerie, un bassin, une herberie avec les toiles sur lesquelles les cires étaient exposées au soleil et à la rosée du matin… une remise pour 5 voitures qui fournissaient quotidiennement Paris, et puis une basse-cour avec écuries, vacherie, poulaillers, logement du jardinier et du portier.

FIGURE 5 PAGE 25 livre de S. Castelluccio

Ce patrimoine  n’a pas d’équivalent et il serait fondamentale de le conserver car il dépasse le cadre d’une simple ferme.

Malheureusement, en 2019, il a été prévu de construire sur le lot N° 2 de 3350m², un  projet immobilier de 53 logements et de détruire la quasi totalité des bâtiments anciens. Ce projet de construction en « U » autour de l’ancienne chapelle aurait couvert presque tout le terrain et de  s’élever à 12 mètres de haut.

 Dans ce projet, il était aussi prévu de creuser le terrain  pour réaliser 104 parkings. Cela semble tout juste inconcevable en raison des 17 sources présentes  à cet endroit. Il faut savoir qu’en 1707 un réseau   de canalisations en plomb d’une longueur répertoriée de 1.302 mètres, fut construit et il existe encore aujourd’hui !

En l’état, il  semble que la mobilisation ASPEA ait permis une première prise de conscience puisque ce projet vient d’être retiré.

En bleu, le tracé du cours d’eau qui passe sous la Manufacture.

Le 7 janvier 2019, nous avions envoyé un courrier cosigné de Stéphane Bern, ( Annexe 1/2 destiné à l’Architecte des Bâtiments de France des Hauts de Seine, au Responsable de la DRAC d’Ile de France , au Maire d’Antony avec copie aux Sœurs, à Mme V. Pécresse, Présidente du Conseil Régional d’Ile-de-France.

Dans ce courrier nous demandions à ce que les Sœurs étudient d’autres projets qui permettent une réhabilitation des anciens bâtiments. Nous leur avions suggéré de se rapprocher de l’association « Habitat et humanisme » pour un projet plus en accord avec leur mission.

Le 2 mars 2020, un nouvel article signé de Stéphane Bern paraissait dans le Parisien qui alertait encore ( ANNEXE 2/2).

DESCRIPTION HISTORIQUE DU SITE :

Cette propriété appartient actuellement aux Sœurs de Saint Joseph de Cluny et représente  un domaine d’une superficie de 11 300 m2.

Fondée en 1702 par Brice Péan de Saint-Gilles, Cette manufacture pour le blanchiment des  cires , devient manufacture royale en 1719 . La cire blanche était réservée à l’éclairage «  des résidences de Dieu et de son lieutenant sur terre, le souverain ».

 Sa devise « Deo, regique laborant », « Elles [les abeilles] travaillent pour Dieu et     pour le Roi »1 est gravée sur un bas-relief (représentant une ruche), inscrit aux monuments historiques.

Le bâtiment d’origine a été construit en 1704, on y produisait bougies et chandelles pour la cour de Versailles, les autres châteaux de la région et dans toute l’Europe.

La manufacture pour le blanchiment des cires obtient des privilèges fiscaux par lettres patentes de 1719. La famille Trudon l’achète et en assure la direction à partir de 1737.

Une horloge avec timbre à marteau surmonte le toit ; on la surnomme « la Trudonne » en souvenir de Madame Trudon qui a offert cette horloge aux ouvriers de son mari.   La manufacture obtient des privilèges fiscaux par lettres patentes de 1719. La famille Trudon l’achète et en assure la direction à partir de 1737.

Vers 1740, elle produit cinq cents tonnes de pains de cires et de bougies par an, ce qui fait de cette manufacture l’une des plus florissantes du royaume. Employant jusqu’à une centaine de personnes, elle fournit la Maison du roi, les grands corps de l’État et la haute société qui fréquente les boutiques parisiennes des Trudon.

À côté des ateliers, décorés d’un bas-relief figurant une ruche, les Trudon disposent d’une maison de maître qui s’étend le long de l’actuelle avenue du Bois-de-Verrières et d’une chapelle privée. C’est vers 1806 qu’ils se font construire un imposant château dans le milieu du parc.

En 1847, la manufacture des cires est transférée à Bourg-la-Reine. Les sœurs de Saint-Joseph-de-Cluny s’installent dans la propriété en 1890 et y bâtissent une nouvelle chapelle en 1930. La chapelle a été construite en 1930 sur les plans de l’architecte Hardy. La maison de maître a été démolie en 1964 après la vente du parc, pour laisser place à un ensemble d’immeubles collectifs alors que dans l’acte de vente il était fait état de la construction d’un seul immeuble.

SOURCES ;

 Site de la ville d’Antony

Wikipédia

Stéphane Castelluccio «  L’éclairage, le chauffage et l’eau au XVIIème et XVIIIème Siècles » Montreuil

Editions, Gourcuff Gradenigo 2016 »

Jean-Charles Forgeret, « « Usine de bougies (Manufacture royale de cire) » [archive]

 

2- PROJET  » ECO-MUSÉE DE LA MANUFACTURE DE CIRES ET DE LA LUMIERE »

idée originale d’Hélène MERLET et Muriel FLICOTEAUX

2.1: Le projet  serait de réhabiliter les bâtiments existants des communs, c’est-à-dire de la ferme et des écuries pour repenser l’espace dans le but d’en faire un lieu de mémoire, de transmission et d’éducation autour des thèmes de la fabrication des bougies dans les règles de l’art, de la production de la lumière à l’époque où la manufacture à vue le jour. Il s’agirait également de mettre en valeur la thématique de la lumière au fil du temps et dans toutes ces dimensions.

La qualité exceptionnelle des cierges et bougies de cette Manufacture découle directement de la pureté de l’eau des 17 sources souterraines et il serait intéressant de penser un projet architectural original qui mette en valeur le patrimoine bâti et souterrain, écologique avec ses sources et ces terrains qui servaient  au séchage des bougies…patrimoine technique puisqu’il s’agit d’un savoir faire représentatif de l’époque pré-industrielle sans oublier les abeilles sans lesquelles, cette fabrique de la lumière au 18ème Siècle n’aurait pas été possible.

La lumière à partir d’un savoir faire local présente une dimension que l’on retrouve dans la nature à savoir la lumière sous toutes ces formes, dans la science avec le spectre de la lumière etc, dans les arts et les  techniques avec l’évolution des modes d’éclairages depuis la nuit des temps,

Ce musée partant d’une histoire très local touche à l’universel par la thématique de la lumière dans toutes les cultures avec les fêtes , ( druides, les feux de la Saint Jean…), la mythologie ( voir les écrits de Levy Strauss …), la symbolique de la lumière, un thème inépuisable et sans frontière.

Ainsi cet éco-Musée pourrait offrir une exposition permanente sur le savoir faire de la Manufacture proprement dite mais aussi des expositions temporaires et des ateliers créatifs comme par exemple, un atelier de réalisation de bougies pour le public qui serait un complément apprécié des usagers qui mettraient ainsi la main à la pâte.

Rien de plus apaisant que de travailler la cire naturelle d’abeille car chauffée, elle dégage une odeur chaleureuse et agréable.


2.2 : VOCATION POSSIBLE DE L’ECO-MUSEE :

Il pourrait inclure les dimensions suivantes :

  • L’histoire locale de cette Manufacture dans son environnement
  • Les savoirs faire des manufacturiers de cire et de bougies

   

Page 255 – CASTELLUCCIO Artisans actuels.

  • L’écologie à la gloire de la nature, des abeilles, de la cire, de l’eau…

         
Beau bosquet d’arbres à hautes tiges encore existants

  • La science, la physique de la lumière ( l’optique, le spectre…)
  • Les techniques de la production de la lumière dans le temps et de par le monde : la torche, lampe à huile, la chandelle, bougies, lampes à gaz, à huile, ampoules electriques, alogènes…
  • Les arts : photo cinéma peinture, théâtre, littérature dont la poésie), architecture …
  • L’ethnologie : la dimension symbolique de la lumière dans les cultures du monde
  • Un musée qui nous parle de la lumière dans la pensée ( Aristote, Newton, Einstein, le siècle des lumières…)


2.3 : LES ACTEURS DE L’ECO-MUSEE :

Une participation citoyenne  :

Ecoles,  cinéma, bibliothèque,  théâtre,  mouvements de jeunes avec le conseil citoyens qui peut porter des projets d’expo temporaires, d’ateliers…

Les mouvements de jeunesse, « Le 11 », les différents groupes de scouts laïcs et religieux,


2.4 : RESSOURCES ET FINANCEMENTS :

Mécénat et don de matériel ancien…) : Les Cires Trudon, autres entreprises à mobiliser

Financement public :  région,  département (riche de plus de 2 milliards d’euros au 17 mai 2021) , DRAC, financements Nationaux et Européens.

Créer un  site internet pour demander aux enseignants de réfléchir à cette thématique pour participer localement à l’élaboration du projet : SVT, technologie, science physique, littérature, histoire, écoles maternelles pour dessin d’enfants, école d’arts locales, membres de l’université populaires.


DOCUMENTS ANNEXES

ANNEXE 1 : lotissements et éléments architecturaux de la manufacture en janvier 2020.

La Manufacture est désormais  divisée en 3 lots  ainsi répartis :

LOT N° 1 : le bâtiment au  long toit rouge a été construit  pour abriter 163 chambres destinées aux étudiants des classes préparatoires de  l’Institution Sainte Marie.   Ce bâtiment resterait dans la propriété des Sœurs qui loueraient les chambres à l’Institution. Au demeurant, en raison des eaux souterraines, il a été impossible de réaliser des fondations. Il a fallu modifier le projet pour réaliser des pilotis et une plateforme ce qui a représenté un surcoût énorme.

Internat côté cours
Manufacture à gauche et Internat à droite

Plus bas, avec un toit gris, la chapelle de 1930 et la « trudonne» au toit  surmonté d’une cloche. C’est là que se trouve le bas relief représentant une ruche symbole des Cires Trudon et sans doute l’endroit où la cire était pesée à sa livraison. Les Sœurs ont fait rénover ces 2 bâtiments.

Intérieur chapelle
«Trudonne» à droite


LOT N° 2
 : parcelle de 3350 m2 que les Sœurs voudraient vendre pour amortir leurs travaux. 

Plan du lot N°2 en vue de la vente

 

Une partie de la façade de la ferme

C’est là que se trouvent :

La chapelle de 1714 qui est pourvu d’une très belle charpente classée en forme de coque de navire renversée.

    


Les destructions concerneraient tout le reste de ce patrimoine du XVIIIème et du XIXème siècles :

Un bâtiment administratif, les communs  et des logements à droite de l’entrée qui sont réhabilitables.

         

État en 2020

La  ruelle intérieure  qui était  constituée d’une belle enfilade pavée allant jusqu’au  pigeonnier avec ses colonnes, ses bornes et abreuvoir à priori de la même époque (1714).

 Ont été  déplacé : l’abreuvoir, les bornes en pierre, tous les pavés anciens pour les réemployer du côté de la Trudonne (lot n°1)et ce, sans qu’aucun contrôle administratif ne soit fait.

    

AVANT

    

APRÈS

Les écuries,

État actuel

Une partie de l’herberie

LOT N°3 : « l’atelier remise » au fond du terrain

ANNEXE 1/2 :  Courrier ASPEA et AMPA cosigné par Stéphane Bern :

ANNEXE 2/2 : 

ARTICLE LE PARISIEN 2 MARS 2020 STEPHANE BERN AU CHEVET DE LA MANUFACTURE ROYALE DE CIRES D’ANTONY

L’animateur, et défenseur du patrimoine, appelle les élus à sauvegarder l’usine historique de bougies, menacée par un projet immobilier.

 De la manufacture royale des cires d’Antony (Hauts-de-Seine) découlaient les bougies les plus lactées. Au XVIIIe siècle, la cour de Versailles et autres puissants raffolaient de ces chandelles à la blancheur pure, signées Trudon.

Le secret de la maison ? La cire d’abeilles. L’un des bâtiments porte encore leur devise : « Elles travaillent pour Dieu et le Roi ».

Mais bientôt, c’est une ruche humaine qui pourrait butiner sur ce site historique : la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, propriétaire du site depuis 1890, a cédé une partie du site à un promoteur immobilier, Pierre Etoile.

 ANNEXE 3 :

 Conférence sur la Manufacture royale de cires et bougies

Dans le cadre du cycle « Retour aux sources« , réalisé aux  les Archives nationales, une conférence sur le thème « Objets et techniques aux XVIIe et XVIIIe siècles » a eu lieu le mardi 13 juin 2017. L’un des points abordait l’éclairage, le chauffage et l’eau au XVIIe et XVIIIe siècle, à travers l’histoire de la manufacture royale de cires et bougies d’Antony. Découvrez cette passionnante conférence proposée par Stéphane Castelluccio.

 Cet Historien d’Art, Chargé de recherche au CNRS, apporte un soutien sans faille à cette sauvegarde.. Selon cet historien, une partie de ces bâtiments est un rare témoignage de l’architecture préindustrielle du XVIIIème siècle dont Antony peut être fier.

CYCLE CONFÉRENCE RETOUR AUX SOURCES

Mardi 13 juin 2017 :

Objets et techniques aux XVIIe et XVIIIe siècles :
 L’éclairage, le chauffage et l’eau aux XVIIe et XVIIIe siècles par Stéphane Castellucio
sous la présidence de Geneviève Profit, conservateur du patrimoine aux Archives nationales, responsable du pôle Commerce, Industrie, Tourisme au département de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et de l’Agriculture

PLAQUETTE PRÉSENTATION

« La séance du 13 juin 2017 s’inscrit dans le contexte des prochains rendez-vous de Blois, en octobre, qui ont pour thème «Eurêka : découvertes et innovations», en proposant d’évoquer des techniques (l’éclairage, le chauffage et l’eau) et des objets (objets portatifs ; horloges et montres) aux XVIIe et XVIIIe siècles. Se pencher sur l’usage de l’éclairage, du chauffage et de l’eau à cette époque, c’est ouvrir la porte des maisons particulières comme des résidences royales, étudier procédés, métiers, circuits, coûts, mais aussi l’influence des contraintes pratiques sur le décor et la vie sociale. L’exemple de la manufacture royale de cire et bougies d’Antony, principal fournisseur de bougies de la cour à partir du milieu du XVIIIe siècle, témoigne également des progrès techniques comme de la rationalisation de la fabrication et de la vente, dans une période pré-industrielle. L’objet est un document matériel pour l’historien, par les valeurs symboliques qui lui sont rattachées, les savoir-faire dont il est le produit et les pratiques qu’il diffuse…Il se situe au croisement de deux phénomènes : la naissance de la consommation et l’intensification de la mobilité au XVIIIe siècle.

 

15 H : L’éclairage, le chauffage et l’eau aux XVIIe et XVIIIe siècles : l’histoire de la manufacture royale de cire et bougies d’Antony Stéphane CASTELLUCCIO, chargé de recherche au CNRS (HDR) 1 »

 ANNEXE 4 :  Complément d’information

 EXTRAIT SITE MINISTERE DE LA CULTURE :

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00121241

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Sur ce terrain de 3 300 m², le promoteur prévoit de détruire les bâtiments de la manufacture pour construire une cinquantaine de logements répartis sur plusieurs résidences. Un sacrilège, estiment les défenseurs du patrimoine local.

 « Cette vente nous a beaucoup choqués car ce sont des souvenirs d’un site historique. Antony n’en compte que onze, dont trois accessibles au public », souligne Ellen Dossier, membre de l’ASPEA (Association de sauvegarde du patrimoine et des espaces verts d’Antony).