Petit rappel des faits pour comprendre les clés de ce dossier (septembre 2010)

Depuis plus d’un an, le projet municipal de densification des avenues Gabriel Péri et Pierre Brossolette, dernières rues pavillonnaires autour de la gare, suscite l’indignation des Antoniens. Plus largement, cette affaire est emblématique de l’opacité de la planification urbaine pratiquée à Antony depuis plusieurs années.

 

  • Tout commence lors du nouveau Plan Local d’Urbanisme (PLU) adopté en 2008, qui faisait passer lesdites avenues en zone potentiellement densifiable (UAa) mais se gardait bien d’annoncer l’élargissement de la voie publique indispensable pour la construction d’immeubles – officiellement à cause d’un « oubli ». Les protestations ne sont alors pas suffisantes pour empêcher ce changement de zonage. Elles conduisent cependant la commission d’enquête à « s’interroger sur la compatibilité de la rénovation du centre-ville et sur la préservation des pavillons qui y existent », demandant « plus de clarté et de lisibilité sur le devenir de ce secteur ».
  • À l’automne 2009, le projet d’élargissement (plan d’alignement) de l’avenue Gabriel Péri suscite une véritable levée de bouclier : les riverains sont alors informés, par lettre, de plans qui coupent en travers des pavillons XIXe les plus remarquables de l’avenue. Bon nombre d’ entre eux ne se sont pas laissés convaincre par les perspectives de profits associés à ces projets immobiliers, et restent attachés à ces maisons et à leur pérennité dans le paysage antonien.
  • La toute jeune Association de Sauvegarde du Patrimoine et de l’Environnement à Antony (ASPEA) décide de donner l’alerte auprès des Antoniens : l’enquête publique recueille une avalanche de protestations et débouche tout naturellement sur un avis défavorable de la commissaire enquêtrice.
  • Mais, dès le début de l’année 2010, la Mairie avance des modifications juridiques pour contourner l’obstacle, fût-ce au prix d’une multiplication d’enquêtes publiques. Au printemps, une modification des règles de hauteur en zone UAa est dissimulée parmi des « ajustements mineurs » du PLU. Encore une fois, la protestation est forte, ce qui amène la Mairie a rectifier l’article en question.
  • Pendant ce temps, la Mairie accorde à une société immobilière deux permis de construire pour densifier la majeure partie d’un côté de l’avenue Gabriel Peri et inscrire dans les faits un alignement qui n’avait jusqu’à présent aucune existence légale. Grâce au travail de ses bénévoles, l’ASPEA dépose un premier recours gracieux, rejeté par la Mairie, puis deux recours contentieux devant le Tribunal Administratif.
  • En dépit de ces fortes critiques et de ces recours, les destructions ont été entamées début septembre 2010 et, pour dissuader complètement l’association d’intervenir, la société immobilière Franco-Suisse lui a signifié, par biais de son avocat, une mise en demeure de retirer les recours sous peine de poursuites en dommages et intérêts devant le Tribunal de Grande Instance.

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