C’est un gentil pavillon de banlieue, ayant survécu aux destructions de la rue Velpeau, entouré de ses cerisiers, son figuier, son tilleul, son arbre de Judée, fréquenté par 17 espèces d’oiseaux, de la  verdure, de la  biodiversité …

Il sera détruit le 1er Juillet 2017.  Tout sera bétonné à 100% de la surface au sol, sur 10 à 14m  de  haut.  Le PLU le permet ! Les riverains, réunis en « collectif», le CRIV28, au sein de l’ASPEA, les tracts, la pétition signée par plus de 100 voisins, n’ont rien pu faire.

Ce terrain de 606m2 était trop étroit pour les bâtisseurs d’immobilier privé. Ces derniers ont tenté d’harceler les propriétaires  mitoyens pour agrandir leur opération.

En avril 2016 c’est donc un couple de médecins qui a offert de doubler la valeur de la parcelle pour l’emporter et en faire un projet immobilier de santé. Cette méthode est légale, une SCI est née,  pour bâtir 23 bureaux de consultations médicales et un nouveau cabinet de radiologie, qui devront  accueillir jusqu’à  280 personnes par jour, selon les pompiers.

L’opération étant admise comme « d’intérêt collectif», pouvait déroger à toutes les obligations du code de l’urbanisme, en zone UAa : pas d’obligation de créer des  parkings, construction densifiée au maximum, en limite des propriétés mitoyennes, sur 100% du terrain au lieu de 80% ..et le reste a suivi !

Le maire a signé le  permis de construire, il n’a obtenu  des constructeurs  qu’une  petite compensation : la création de 39 places de parkings supplémentaires en sous sol,  près des urgences de l’Hôpital. L’insistance de l’ ASPEA et le mécontentement des usagers y sont sans doute pour quelque chose.

Il faut conclure que le PLU aide à densifier encore et encore l’hyper centre d’Antony. Un tel Hôpital avec toutes ses annexes l’ a déjà trop envahi, la Croix de Berny l’aurait mieux desservi, un cœur de ville  a besoin d’autre chose :  des commerces , espace culturel,  de lieux de rencontre!  Un hôpital  nécessite des  ambulances, des taxis, des pompiers, des dépose-minute, des camions de livraisons… Tout le quartier pâtit déjà des embouteillages, du bruit, de la pollution, et de la perte de son patrimoine arboré…

La limite du supportable est atteinte, les Antoniens se plaignent. L’ASPEA entend que d’autres opérations de densification ont lieu : rue Mounié, rue de la Bièvre, rue Gabriel Péri, rue Fondouze, et place du Marché.

TROP c’est TROP. Mesurons d’abord la pollution, les difficultés de circulation, demandons à la communauté d’agglomération que le PLU soit revu à la baisse, que les bus soient électriques, que les terminus de la gare routière soient déplacés à la Croix de Berny , pour que les écoliers , les bébés en poussettes, les malades, les usagers puissent vivre ensemble dans un centre-ville apaisé.

Ellen Dossier,  le  24 mai 2017